Partager l'article ! L'ancrage: Tiens ya longtemps que je voulais partager mes pensées sur ce qu'on appelle communément l'ancrage dans les relations interperson ...
| Mai 2012 | ||||||||||
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Tiens ya longtemps que je voulais partager mes pensées sur ce
qu'on appelle communément l'ancrage dans les relations interpersonnelles mais également dans toute relation collective.
Vous vous êtes surement déjà retrouvé devant une personne durant un combat, même amical, contre laquelle vous perdez la moitié de vos moyens. Ce genre de gars qu'on avait
en école primaire qui vous faisait un peu peur, et qui dispose donc d'un avantage psychologique face à vous. Il arrive même parfois que cette personne n'ai d'influence QUE sur vous. C'est un
facteur psychologique en combat qui peut remonter d'une ancienne défaite, d'une ancienne expérience avec cette personne qui vous a foutu les foies. C'est l'exemple typique des grands frères sur
leurs frères cadets qui en général dominent par la force, c'est l'exemple de l'Argentine pour la France en Rugby durant les coupes du monde. Mais cet exemple se retrouve partout, même en
entreprise, une personne face à laquelle vous perdez vos moyens, balbutiez, avec qui vous aurez de toutes façons du mal à vous exprimer... mais dont l'avis paradoxalement vous importe au plus
haut point.
Souvent au delà de la personnalité faussée que l'on se fabrique de ces personnes que l'on considère en général supérieur (facteur interne construit sur long terme), il y a un facteur externe, un événement qui vous ancre dans cette position d'infériorité.
Un combat sparing qui s'est mal passé une
fois et dont le souvenir peut vous inhiber par exemple.
L'ancrage, ça peut venir d'un événement marquant et durer longtemps... pour une broutille. Mais en réduisant l'échelle de temps, on s'aperçoit que l'on retrouve cette
faille psychologique un peu partout: une idée lancée en début de débat peut vous faire cataloguer par d'autres personnes comme un communiste ou un néo-nazi (d'autant qu'en général, on a du mal à
se défaire de notre première idée, qu'on se fait sur une personne, alors imaginez les autres sur vous...).
On dit en recrutement que la poignée de main et les 5 premières minutes disent tout sur un candidat. Je pense à l'inverse qu'elles disent tout sur un recruteur.
On dit que les 55 minutes restantes ne font que confirmer ce que l'on pensait. Je pense plutôt qu'en général, on trie soigneusement, de manière consciente où non les
informations obtenues durant les 55 dernières minutes, afin de les faire correspondre à ce que l'on a pensé les 5 premières minutes (parce qu'on a du mal a revenir sur son propre avis... et
qu'on est assez flémards, et que revenir sur la décision, c'est fatiguant...)
Donc l'ancrage est un petit quelque chose qui peut tout faire basculer, une remarque, une expérience.
D'ailleurs, l'esprit humain est vraiment très malléable, ça en arrive presque à de l'auto hypnose.
[3615 mylife]
Je suis en général plutôt adroit. Je marche jamais dans la merde (je dévie mon pied systématiquement), je ne renverse jamais un verre, je ne tombe jamais, je suis plutôt
doué de mes mains.
Il a suffit de deux fois durant mon adolescence d'avoir une maladresse physique (due en général à une modification des repères dans l'espace, puberté et croissance
oblige), pour que l'on me taxe de "gros pataud", puis l'idée a fait son chemin, et en voulant ne plus être maladroit, je l'étais de plus en plus, à tel point que cela m'obsédait. Je devenais
maladroit et pataud, y compris dans mes paroles...
Bien entendu, les remarques des proches allaient de plus belle, et plus ça allait, pire c'était, à tel point que mon niveau général de dessin et en combat également
avaient baissés. Non pas que je n'avais pas des moments où j'étais particulièrement adroit, mais mon esprit les oubliait et focalisait sur les moments où je faisais des conneries.
Mon salut est venu du moment où j'ai un peu fuit ma famille. J'ai passé à peu près une année à Paris, tout seul. Je me suis redécouvert, je me suis aperçu que j'étais
plutôt rapide, mes camarades de classe me trouvaient fin (un truc qu'on ne m'avait jamais dit auparavant), et j'ai finalement terminé major de promo pour ma quatrième année (truc que j'aurais
jamais cru possible).
[/3615 mylife]
Du coup, l'ancrage vient aussi bien de vous que des autres, voir même davantage de vous!! Certains y remédient tout seuls, d'autres comme moi on besoin de couper les
ponts, d'autre même, ne tombent jamais dedans (en général les gens les plus éveillés j'imagine, capable de se défaire de l'image qu'ils se font d'eux).
En négociation, même chose. On vous demande des chiffres, il faut donner des chiffres à virgule dès le départ, pour montrer que vous n'êtes pas le dernier des cons. Si
vous ne dites rien durant les 10 premières minutes de négoc, vous êtes un passif. Si vous dites une grosse connerie, vous pouvez sortir de suite car vous ne serez plus crédible aux yeux de
personne dans la salle (même si vous pouvez vous détacher de l'image que vous avez de vous, ça veut ne pas dire que les autres le peuvent).
Relations de travail, idem, les gens qui vous ont vu petit dans une entreprise... resteront persuadés que vous êtes un éternel nouveau, jusqu'à événement majeur qui vous
fait passer au stade "supérieur" dans leur esprit, ou les rendent aigris vis-à-vis de vous... genre d'événement qui parfois ne surviennent jamais, dans la mesure où vous vous êtes parfois vous
même persuadé de votre nullité dans certains domaines.
Je pense que d'un point de vue martial, il y a quelque chose à retenir. Dans l'art de la guerre, il est dit que faire tourner la tête d'un général ennemi avec des
semblants de faiblesse et de force, en plus de lui faire miroiter votre soumission, est une des bases de la stratégie "avant bataille" (d'ailleurs, quasiment tout l'ouvrage de l'art de la guerre
est basé sur l'avant combat).
D'un point de vue martial, on peut se servir de cela. L'emprise psychologique est extrêmement importante les tout premiers instants du combat, et rares sont les
adversaires qui ont du mal à s'en détacher pour la suite (sans même compter les éventuelles blessures physiques.
Néanmoins si vous gagnez, est-ce bon de maintenir ce statut de dominant? Honnêtement j'en sais rien, on peut s'attirer la rancœur d'une personne rien que comme ça, parcequ'on a eu un avantage sur lui rien qu'une seule fois, et sans même le vouloir... Il faut toujours être vigilant sur l'influence que vous avez sur une personne. Quelqu'un qui vous demande souvent votre avis, c'est déjà un signe. Même chose dans l'autre sens, si vous avez envie par dessus tout qu'une personne reconnaisse vos talents, c'est celle là même qui est susceptible d'avoir le plus de capacité d'ancrage sur vous, et la moindre parole, moindre événement la concernant dans un contexte ou vous êtes faible peut tout faire basculer dans un sens comme dans l'autre.
[3615MyLife]
On a eu l'autre jours une amie à nous qui a été trompé par son ex-petit ami... bon personnellement, je ne m'intéresse pas à ce genre d'histoire, c'est assez gavant... Mais j'avoue que cela a allumé une petite lumière chez moi: Elle voulait monter un plan "Diabolique" (mot pour mot hein, j'invente pas) pour faire payer à son ex. La raison officielle, c'est que pour faire le deuil de son couple, elle souhaite lui faire du mal de quelque manière que ce soit.
Déjà à l'écouter, c'était mal barré pour que cela se passe comme elle le prévoit (je vais pas faire la description complète de son plan machiavélique, je suis limité en place...)
Mais j'ai remarqué que ce qui l'importe le plus la dedans, c'est un besoin de reconnaissance de son ex. Elle veut encore avoir une importance dans sa vie, quelle qu'elle soit. Sans le savoir, elle s'est mise à disposition psychologiquement de cette personne... et n'est finalement pas prête de faire son deuil (si c'est vraiment cela qu'elle souhaite).
Pire, elle risque d'en sortir encore plus mal dans sa peau.
Notre égo a parfois des réaction sucidaires... mais paradoxalement salvatrices dans certains cas, car les conséquences peuvent nous aider à lacher prise
[3615MyLife]